Magistère pontifical · Constitution apostolique

Paenitemini — la discipline pénitentielle

Saint Paul VI — 17 février 1966

L’Église invite tous les chrétiens indistinctement à répondre au précepte divin de la pénitence par quelque acte volontaire, en dehors des privations imposées par le poids de la vie quotidienne.

Paenitemini, chapitre II

Notice#

Le texte le plus important sur le Carême depuis mille ans, et le plus mal compris. Publié entre la clôture du concile et la réforme liturgique, il refonde entièrement la discipline pénitentielle de l’Église latine.

Ce qu’il fait : il réduit le jeûne obligatoire à deux jours par an — Mercredi des Cendres et Vendredi saint — et l’abstinence aux vendredis ; il transfère aux conférences épiscopales le pouvoir de préciser l’observance et de substituer d’autres formes de pénitence ; il élargit la notion de pénitence au-delà de l’alimentaire.

Ce qu’il ne fait pas : il n’allège pas le Carême. Toute sa première partie est une méditation biblique sur la metánoia ; il s’ouvre en affirmant le précepte divin de pénitence, plus contraignant que tout canon. La charge est déplacée de la loi vers la conscience — ce qui est plus lourd, non moins.

La phrase décisive est souvent oubliée : la pénitence doit être un acte volontaire, « en dehors des privations imposées par le poids de la vie quotidienne ». Subir n’est pas faire pénitence.

Sa réception a été médiocre : la faculté de substitution, faute d’avoir été enseignée, s’est évaporée en dispense générale. Plusieurs conférences épiscopales sont depuis revenues à l’abstinence de viande le vendredi pour cette raison. Analyse complète →

Repères#

Auteur
Saint Paul VI
Date
17 février 1966
Genre
Constitution apostolique
Langue d’origine
latin
Siècle
XXᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, Discipline et droit, Conversion et pénitence, Justice et société