Pères de l’Église · Lettre

Lettre au pape Victor sur la controverse pascale

Saint Irénée de Lyon — v. 190

Cette diversité dans l’observance n’est pas née de notre temps ; le désaccord sur le jeûne confirme l’accord de la foi.

Chez Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 24

Notice#

Le pape Victor Ier menace d’exclure de la communion les Églises d’Asie, qui célèbrent la Pâque le 14 Nisan quel que soit le jour de la semaine. Irénée, évêque de Lyon, intervient — son nom signifie « le pacifique », et Eusèbe le souligne malicieusement.

La lettre n’est conservée que par fragments, mais ils sont d’une importance capitale pour l’histoire du Carême. Irénée y énumère les usages de jeûne pascal qu’il connaît : un jour, deux jours, ou quarante heures comptées du vendredi après-midi au dimanche matin. Il ajoute que cette diversité est ancienne, antérieure à sa génération, et qu’elle n’a jamais rompu la communion.

C’est le document le plus solide dont nous disposions sur la préparation pascale au IIe siècle, et il établit un fait décisif : en 190, il n’existe nulle part de Carême de quarante jours. Un évêque particulièrement informé, écrivant à Rome au nom des Églises de Gaule et connaissant les usages d’Asie, l’aurait mentionné.

L’affirmation ultérieure — chez Léon le Grand notamment — d’une institution apostolique du Carême ne résiste pas à ce témoignage. Elle relève de l’autorité, non de l’histoire.

Repères#

Auteur
Saint Irénée de Lyon
Date
v. 190
Genre
Lettre
Langue d’origine
grec
Siècle
IIᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, Discipline et droit, Liturgie et calendrier