Pères de l’Église · Traité

Les œuvres et l’aumône (De opere et eleemosynis)

Saint Cyprien de Carthage — v. 253

Comme le baptême lave, l’aumône éteint : elle est un second bain pour les fautes qui suivent la grâce.

D’après De opere et eleemosynis, 2

Notice#

Évêque de Carthage, martyr en 258, Cyprien écrit ce traité dans une Église éprouvée par la persécution de Dèce et par une épidémie. La question qu’il traite est brûlante : que faire des péchés commis après le baptême ?

Sa réponse — l’aumône a une valeur purificatrice — a fait sa fortune et sa controverse. Cyprien s’appuie sur des textes bibliques classiques (Tobie 12, 9 ; Daniel 4, 24 ; Luc 11, 41) et développe une théologie de la miséricorde comme second baptême.

Mal lue, cette doctrine peut suggérer un rachat mécanique des fautes : c’est ce que la Réforme reprochera au catholicisme. Bien lue, elle affirme autre chose, que le concile de Trente maintiendra : les œuvres accomplies dans la grâce ne sont pas décoratives ; elles transforment réellement celui qui les fait.

Pour l’histoire du Carême, le texte est essentiel : il installe durablement le couple jeûne-aumône dans la tradition latine. Un siècle plus tard, Léon le Grand en fera l’axe de ses sermons quadragésimaux.

Repères#

Auteur
Saint Cyprien de Carthage
Date
v. 253
Genre
Traité
Langue d’origine
latin
Siècle
IIIᵉ siècle
Thèmes
L’aumône et les pauvres, Conversion et pénitence, Justice et société