Pratiques · Préparation

Examens de conscience

Un examen de conscience n’est pas une chasse aux fautes : c’est une relecture. Six examens selon l’état de vie, plus deux méthodes quotidiennes qui, tenues quarante jours, en apprennent davantage que trois ans de bonnes intentions.

Deux avertissements avant de commencer.

Le premier. Ces listes ne sont pas des grilles de notation. Un examen de conscience mené comme un contrôle produit soit du scrupule, soit de l’indifférence — les deux évitant également la question réelle. Lisez lentement, arrêtez-vous à ce qui accroche, ignorez le reste.

Le second. Ce que la tradition appelle le péché d’omission est presque toujours plus important que ce qu’on a fait. Le Confiteor dit : « j’ai péché… en omettant le bien ». Le prêtre et le lévite de la parabole n’ont rien fait de mal : ils sont passés.

Les six examens#

1. Adulte — examen général#

Le plus large. Il suit les trois relations : à Dieu, aux autres, à soi.

Envers Dieu

  • Quelle place réelle a-t-il eue dans ma semaine — pas dans mes convictions, dans mon emploi du temps ?
  • Ai-je prié ? Combien de fois ai-je différé ?
  • La messe du dimanche : présence, ou présence physique ?
  • Ai-je tenu ma foi cachée par peur du ridicule ?
  • Ai-je traité Dieu comme un recours d’urgence plutôt que comme quelqu’un ?
  • Ai-je désespéré de son pardon — ce qui est une manière de garder la main ?

Envers les autres

  • Qui ai-je blessé par une parole ? Ai-je réparé ?
  • De qui ai-je parlé en mal en son absence ?
  • Ai-je jugé quelqu’un sur un fragment de sa vie ?
  • À qui dois-je un pardon ? À qui dois-je une demande de pardon ?
  • Ai-je exploité une position de force — au travail, en famille, dans un service ?
  • Ai-je vu quelqu’un dans le besoin et détourné le regard ?
  • Ai-je tenu mes engagements, y compris les petits ?

Envers soi

  • À quoi suis-je asservi ? Écrans, achats, alcool, nourriture, travail, jeu, reconnaissance ?
  • Où est-ce que je me mens régulièrement ?
  • Ai-je pris soin de mon corps, ou l’ai-je maltraité par excès ou par négligence ?
  • Mon usage de l’argent correspond-il à ce que je dis croire ?
  • Ai-je donné de mon superflu, ou de ce qui coûte ?
  • Ai-je fait mon travail correctement, y compris ce que personne ne vérifie ?

2. Jeune (15–25 ans)#

Écrit sans euphémisme. Les questions portent sur ce qui se joue réellement à cet âge.

Le regard et le corps

  • Qu’est-ce que je regarde régulièrement, et qu’est-ce que cela fabrique en moi ?
  • Ai-je traité quelqu’un comme un moyen — de plaisir, de statut, de rassurance ?
  • Ai-je pris soin de mon corps, ou l’ai-je méprisé, affamé, épuisé ?
  • Ai-je gardé pour moi quelque chose dont j’ai honte, au point d’en être isolé ?

Les autres

  • Ai-je ri d’une moquerie ? Ai-je laissé démolir quelqu’un devant moi ?
  • Ai-je participé à une mise à mort collective en ligne, même contre quelqu’un qui l’avait mérité ?
  • Ai-je été loyal avec mes amis en leur absence ?
  • Comment est-ce que je parle à mes parents — pas de ce que je pense d’eux, de comment je leur parle ?

Moi-même

  • Combien de temps ai-je passé sur des écrans cette semaine ? Le vrai chiffre.
  • Est-ce que je me compare en permanence ? Qu’est-ce que cela me fait ?
  • Ai-je fait ce que j’avais à faire — études, travail — ou ai-je cultivé des excuses ?
  • Ai-je remis à plus tard une décision que je sais devoir prendre ?
  • Est-ce que je crois valoir quelque chose indépendamment de ce que je réussis ?

3. Parent#

L’examen le plus difficile, parce qu’on y touche des personnes qui ne peuvent pas se défendre.

La présence

  • Combien de temps ai-je réellement passé avec chacun de mes enfants cette semaine — sans écran ?
  • Ai-je donné aux miens ce qui reste après le travail, ou quelque chose de ma meilleure énergie ?
  • Ai-je écouté jusqu’au bout, ou répondu avant la fin ?

L’autorité

  • Ai-je puni par colère plutôt que par justice ?
  • Ai-je humilié un enfant devant les autres ?
  • Ai-je exigé de mes enfants ce que je ne fais pas moi-même ?
  • Ai-je demandé pardon quand j’avais tort ? Quand l’ai-je fait pour la dernière fois ?
  • Est-ce que je traite mes enfants différemment ? L’un d’eux porte-t-il une étiquette que j’ai posée ?

La transmission

  • Ai-je transmis quelque chose de ce que je crois — par le récit, non par le reproche ?
  • La prière familiale existe-t-elle ? À quel rythme réel ?
  • Ai-je forcé, culpabilisé, ou fait de la foi un sujet de conflit ?
  • Ai-je continué d’aimer et de guetter celui qui s’est éloigné ?

Le couple

  • Ai-je parlé de mon conjoint devant les enfants d’une manière qui l’abaisse ?
  • Y a-t-il un sujet que nous évitons depuis des mois ?
  • Ai-je pris ma part des tâches et de la charge invisible ?

4. Personne en responsabilité#

Pour ceux qui dirigent, encadrent, décident ou emploient — en entreprise, en association, en paroisse.

Les personnes

  • Ai-je considéré ceux qui travaillent avec moi comme des personnes ou comme des ressources ?
  • Connais-je le prénom de ceux que je croise chaque jour et dont je ne connais que la fonction ?
  • Ai-je pris le crédit d’un travail collectif ?
  • Ai-je protégé quelqu’un d’injustement attaqué, ou laissé faire ?
  • Ai-je licencié, sanctionné ou écarté quelqu’un avec la considération qui lui était due ?

La vérité

  • Ai-je dit ce que je pensais, ou ce qui serait bien reçu ?
  • Ai-je laissé circuler une information fausse qui m’arrangeait ?
  • Ai-je promis ce que je savais ne pas pouvoir tenir ?

La justice

  • Mes pratiques commerciales résisteraient-elles à la publicité ?
  • Ai-je payé mes fournisseurs et mes collaborateurs correctement et à temps ?
  • Ai-je tiré avantage d’un rapport de force ?
  • Quelles conséquences ont mes décisions sur ceux qui ne sont pas dans la pièce ?

Moi-même

  • Le travail a-t-il pris la place d’autre chose — famille, santé, prière ?
  • Ai-je besoin d’être indispensable ?
  • Suis-je encore capable d’être contredit ?

5. Prêtre ou diacre#

Écrit pour ceux qui confessent les autres et se confessent le moins.

Devant Dieu

  • Mon oraison quotidienne existe-t-elle en dehors de la préparation des célébrations ?
  • L’office est-il prié, ou expédié ?
  • Quand me suis-je confessé pour la dernière fois ?
  • Ai-je un accompagnateur spirituel que je vois réellement ?

Le ministère

  • Ai-je prêché ce que je ne fais pas ?
  • Ai-je cherché dans le troupeau ce que je dois attendre de Dieu — affection, admiration, importance ?
  • Ai-je des préférés, et cela se voit-il ?
  • Ai-je célébré avec soin, ou par habitude ?
  • Ai-je été disponible pour la confession, réellement ?
  • Ai-je refusé, ajourné ou bâclé une visite de malade ?

Le gouvernement

  • Ai-je décidé seul ce qui aurait dû être partagé ?
  • Ai-je délégué l’exécution en gardant la décision ?
  • Les comptes de la paroisse sont-ils contrôlés par d’autres que moi ?
  • Ai-je usé de mon autorité pour clore un débat que je ne voulais pas avoir ?

La vie personnelle

  • Ai-je des amitiés véritables, ou seulement des relations pastorales ?
  • Ai-je pris soin de mon corps, de mon sommeil, de mes repas ?
  • Le célibat est-il vécu, ou subi et compensé ? Par quoi ?
  • Ai-je maintenu des relations fraternelles avec des confrères ?

6. Aîné#

Pour ceux qui ont beaucoup derrière eux, et qui font des bilans.

Le regard sur sa vie

  • Est-ce que je fais le compte de ma vie et la juge maigre ? Ce jugement est-il vrai, ou fatigué ?
  • Ai-je gardé des rancunes anciennes qui me tiennent encore ?
  • À qui dois-je un pardon avant qu’il ne soit trop tard ?
  • À qui dois-je une demande de pardon ?

Envers les autres

  • Suis-je devenu amer ? Est-ce que je juge le monde en bloc ?
  • Ai-je exercé une pression affective sur mes enfants ou petits-enfants ?
  • Ai-je transmis par le récit, ou par le reproche ?
  • Ai-je remercié ceux qui prennent soin de moi ?
  • Ai-je appelé ceux qui sont plus seuls que moi ?

Devant la fin

  • Ai-je préparé mon départ — papiers, volontés, obsèques — par charité pour ceux qui resteront ?
  • Ai-je refusé une aide par orgueil, en rendant la vie plus dure à ceux qui m’aiment ?
  • Est-ce que je crois que la miséricorde est plus grande que mon bilan ?

Deux méthodes quotidiennes#

L’examen du soir, en cinq minutes

La méthode la plus rentable de toute la vie spirituelle : cinq minutes par jour, et au bout de trois semaines vous connaissez vos mécanismes mieux qu’après trois ans de résolutions.

  1. Merci. Une chose précise de la journée.
  2. Montre-moi. Repasser la journée, sans commentaire, comme un film en accéléré.
  3. Où ai-je manqué ? Un fait, pas une appréciation générale sur soi.
  4. Pardon. Bref.
  5. Demain. Une seule chose, précise.

Écrire trois lignes multiplie l’effet par trois : on voit apparaître, au bout de dix jours, des répétitions qu’on n’aurait jamais remarquées.

L’examen particulier (méthode ignatienne)

Au lieu de tout examiner, on choisit un seul point — un défaut précis ou une vertu à acquérir — et on ne regarde que celui-là, deux fois par jour, pendant tout le Carême.

Ignace recommandait de compter : noter le nombre d’occurrences chaque jour et comparer d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre. Cela paraît mécanique ; c’est redoutablement efficace, parce que la mesure crée l’attention.

Exemples de points : la médisance, l’ironie blessante, l’impatience avec une personne précise, le mensonge par omission, le report des tâches désagréables.

« Sonde-moi, mon Dieu, connais mon cœur ; éprouve-moi, connais mon souci. »

Psaume 138, 23

Sources : Catéchisme de l’Église catholique, n° 1454, 1776-1802, 1846-1876 ; saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 24-31 (examen particulier) et 43 (examen général) ; Rituel de la pénitence, appendice II. Les questions de cette page sont un texte original de Carême.fr, librement utilisable en paroisse avec mention de la source.