Pères de l’Église · Sermons

Les sermons de Carême (205–211)

Saint Augustin — v. 400–420

Ce que tu retranches à ton corps, donne-le à l’indigent. Que le jeûne du riche soit le dîner du pauvre.

D’après le Sermon 210

Notice#

Augustin a prêché des dizaines de sermons de Carême ; la série 205 à 211 en constitue le noyau. Ce sont des textes brefs, oraux, souvent interrompus par les réactions de l’assemblée — Augustin y répond parfois en direct.

Trois motifs y reviennent constamment.

Le jeûne devient nourriture d’un autre. Le thème est martelé : si le riche jeûne et que rien ne change pour le pauvre, le jeûne n’a produit qu’une économie.

Le pardon conditionne tout. Le sermon 210 relie explicitement le Carême au Notre Père : inutile de jeûner quarante jours en refusant de pardonner. Augustin est peut-être le premier à faire du pardon la quatrième œuvre du Carême, à côté de la prière, du jeûne et de l’aumône.

L’humilité contre l’orgueil ascétique. Le publicain de Luc 18 revient sans cesse : le pharisien jeûne deux fois la semaine et repart non justifié.

Ces sermons ont durablement formé la prédication latine. La plupart des thèmes des carêmes prêchés au XVIIe siècle par Bossuet ou Bourdaloue s’y trouvent déjà.

Repères#

Auteur
Saint Augustin
Date
v. 400–420
Genre
Sermons
Langue d’origine
latin
Siècle
Vᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, L’aumône et les pauvres, Miséricorde et pardon, Conversion et pénitence