Pères de l’Église · Sermon-traité

L’utilité du jeûne (De utilitate ieiunii)

Saint Augustin — v. 412

Le jeûne purifie l’âme, élève l’esprit, soumet la chair à l’esprit ; mais s’il n’est accompagné de miséricorde, il n’est rien pour celui qui a faim.

D’après De utilitate ieiunii

Notice#

Ce sermon-traité, prêché à Carthage ou à Hippone, est la synthèse augustinienne sur le jeûne. Il se distingue des textes grecs par sa méthode : Augustin cherche moins à exhorter qu’à comprendre ce que le jeûne opère.

Sa réponse est structurée en trois temps. Le jeûne a une valeur ascétique — il rétablit la hiérarchie de l’esprit sur la chair, désordonnée depuis la chute. Il a une valeur ecclésiale — l’Église entière jeûne ensemble, ce qui manifeste l’unité du corps. Il a enfin une valeur eschatologique — il exprime le manque de l’Époux, selon Marc 2, 20.

Augustin insiste plus qu’aucun autre Père sur la condition du jeûne : sans la charité, il est vain. Sa formule est célèbre : « Que ton jeûne soit le repas du pauvre. » Ce qui est retranché doit changer de table, non de compte.

Enfin, il désamorce l’orgueil ascétique par un argument imparable : les hérétiques manichéens jeûnent davantage que les catholiques. La quantité de jeûne ne prouve donc rien ; seule la foi qui l’anime le qualifie.

Repères#

Auteur
Saint Augustin
Date
v. 412
Genre
Sermon-traité
Langue d’origine
latin
Siècle
Vᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, L’aumône et les pauvres, Conversion et pénitence