Pères de l’Église · Traité

Sur Élie et le jeûne (De Elia et ieiunio)

Saint Ambroise de Milan — v. 389

Le jeûne est le repos de l’âme, la nourriture de l’esprit, la vie des anges, la mort de la faute.

D’après De Elia et ieiunio

Notice#

Ce traité, issu de sermons prêchés pendant le Carême à Milan, est le premier grand texte latin entièrement consacré au jeûne. Ambroise y prend Élie pour modèle : le prophète nourri par un corbeau, puis par un seul pain sous le genêt, qui marche quarante jours jusqu’à l’Horeb.

La partie la plus vive du traité est un réquisitoire contre l’ivrognerie et la gloutonnerie des riches milanais, qui atteint parfois une verve comique. Ambroise décrit les banquets, les vomissements, les lendemains — il n’a rien d’un moraliste éthéré.

Mais son apport propre est ailleurs : il fixe la finalité contemplative du jeûne. Le jeûne ne réprime pas le corps pour le punir : il l’allège pour que l’esprit puisse écouter. La formule « ieiunium mentis pastus » — le jeûne est la pâture de l’esprit — sera reprise pendant mille ans.

Ambroise est aussi celui qui a fixé le Carême ambrosien dans sa forme propre : entrée le dimanche, quarante jours dimanches exclus, sans mercredi des Cendres. Cet usage est encore en vigueur à Milan aujourd’hui.

Repères#

Auteur
Saint Ambroise de Milan
Date
v. 389
Genre
Traité
Langue d’origine
latin
Siècle
IVᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, Combat spirituel, Lecture de l’Écriture