Pères de l’Église · Traité

Naboth (De Nabuthae)

Saint Ambroise de Milan — v. 390

Ce n’est pas de ton bien que tu fais largesse au pauvre : tu lui rends ce qui est à lui.

De Nabuthae, 12

Notice#

Commentaire du récit de Naboth (1 Rois 21), à qui le roi Achab vole sa vigne et la vie. Ambroise en tire un traité sur la propriété et la justice sociale d’une radicalité que la modernité a souvent oubliée.

La formule centrale — « Non de tuo largiris pauperi, sed de suo reddis » — a été reprise par toute la tradition, jusqu’au Catéchisme de l’Église catholique et à l’enseignement social contemporain. Elle interdit de penser l’aumône comme une générosité facultative : c’est une restitution.

Ambroise développe la doctrine de la destination universelle des biens : la terre a été donnée à tous, et la propriété privée, légitime, n’est jamais absolue. Elle s’arrête là où commence le nécessaire d’autrui.

Pour le Carême, ce texte fournit le fondement doctrinal de l’aumône quadragésimale : elle n’est pas un supplément de vertu, mais l’acquittement d’une dette. C’est pourquoi tous les Pères la traitent comme la vérification du jeûne.

Repères#

Auteur
Saint Ambroise de Milan
Date
v. 390
Genre
Traité
Langue d’origine
latin
Siècle
IVᵉ siècle
Thèmes
L’aumône et les pauvres, Justice et société