Conciles et droit · Décret conciliaire

Concile de Bénévent — l’imposition des cendres à tous

Concile de Bénévent (Urbain II) — 1091

Que les cendres soient imposées à tous, clercs et laïcs, hommes et femmes.

D’après le décret du concile de Bénévent

Notice#

Réuni sous Urbain II — le pape qui prêchera la première croisade quatre ans plus tard —, ce concile généralise un usage jusque-là partiel.

L’imposition des cendres appartenait à l’origine au rite de la pénitence publique : elle concernait les seuls chrétiens coupables de fautes graves et notoires, solennellement inscrits dans l’ordre des pénitents au début du Carême et réconciliés le Jeudi saint.

Quand la pénitence tarifée, apportée par les moines irlandais, a remplacé la pénitence publique, le rite d’ouverture a survécu — et des fidèles ordinaires ont demandé à le recevoir. Bénévent entérine cet usage et le recommande à tous.

La portée du geste en est transformée : ce qui était le châtiment de quelques-uns devient le signe de tous. C’est l’un des mouvements les plus significatifs de l’histoire de la pénitence chrétienne, et il explique que le Mercredi des Cendres soit aujourd’hui l’un des jours les plus fréquentés de l’année.

Repères#

Auteur
Concile de Bénévent (Urbain II)
Date
1091
Genre
Décret conciliaire
Langue d’origine
latin
Siècle
XIᵉ siècle
Thèmes
Liturgie et calendrier, Conversion et pénitence