Pères de l’Église · Traité ascétique

L’Échelle sainte

Saint Jean Climaque — v. 600

Le jeûne est la violence faite à la nature, la porte de la componction, la mère de la santé, le commencement du silence.

D’après le degré XIV

Notice#

Moine du Sinaï, Jean surnommé Climaque — « de l’échelle » — a composé un traité en trente degrés, autant que les années cachées du Christ. Chaque degré traite d’un vice à combattre ou d’une vertu à acquérir.

Le degré XIV, consacré à la gourmandise, est l’un des plus fins de la littérature ascétique. Jean y décrit la psychologie du renoncement alimentaire avec une précision clinique : les excuses, les négociations intérieures, les compensations, la manière dont un vice vaincu réapparaît sous un autre nom.

Son principe le plus utile : on ne combat pas un vice frontalement, mais par la vertu opposée. Et surtout, il met en garde contre la tentation de mesurer sa progression : le moine qui compte ses jeûnes a déjà changé d’objectif.

L’Échelle est lue intégralement dans les monastères orthodoxes pendant le Grand Carême, et le quatrième dimanche de Carême byzantin est consacré à son auteur. C’est, avec le Grand Canon d’André de Crète, le texte le plus caractéristique de la spiritualité quadragésimale orientale.

Repères#

Auteur
Saint Jean Climaque
Date
v. 600
Genre
Traité ascétique
Langue d’origine
grec
Siècle
VIIᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, Combat spirituel, La prière