Pères de l’Église · Lettres pastorales

Les Lettres festales

Saint Athanase d’Alexandrie — 328–373

Commençons le jeûne de quarante jours, afin que nous ne soyons pas la risée des autres Églises.

D’après la lettre à Sérapion, v. 340

Notice#

Chaque année, l’évêque d’Alexandrie adressait à ses fidèles une lettre annonçant la date de Pâques et le début du jeûne — Alexandrie, capitale de l’astronomie antique, était chargée de ce calcul pour toute la chrétienté. Une partie de ces lettres d’Athanase a survécu en copte et en syriaque.

Elles permettent de suivre l’implantation du Carême de quarante jours presque année par année, ce qui n’est possible pour aucune autre Église. La lettre de 330 ne mentionne encore qu’un jeûne de la Semaine sainte. Celle de 334 parle pour la première fois de quarante jours.

Le détail le plus révélateur se trouve dans une lettre écrite après son exil romain, vers 340 : Athanase, ayant découvert l’usage occidental, presse son clergé de s’aligner pour ne pas se singulariser. La pression est donc horizontale, entre Églises, et non verticale : aucune autorité n’impose le Carême, ce sont les Églises qui s’imitent.

Athanase insiste par ailleurs sur un point qui restera constant : le jeûne n’est pas une performance mais une disposition à recevoir. Sans lui, « la fête serait un banquet et non une Pâque ».

Repères#

Auteur
Saint Athanase d’Alexandrie
Date
328–373
Genre
Lettres pastorales
Langue d’origine
grec (conservées en copte et syriaque)
Siècle
IVᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, Liturgie et calendrier, Discipline et droit