Pères de l’Église · Homélies

Homélies sur les statues

Saint Jean Chrysostome — Carême 387

Tu jeûnes ? Prouve-le-moi par tes œuvres. Que non seulement la bouche jeûne, mais aussi les yeux, les oreilles, les pieds et les mains.

Homélie III sur les statues

Notice#

Le contexte fait de ces vingt et une homélies un document unique. En février 387, la population d’Antioche, révoltée contre un impôt, renverse et traîne dans les rues les statues de l’empereur Théodose et de la famille impériale. La répression s’annonce ; la ville risque d’être rasée. Le vieil évêque Flavien part plaider à Constantinople, et Chrysostome, alors prêtre, prêche chaque jour de Carême devant une foule terrorisée.

Le résultat est le plus célèbre carême prêché de l’Antiquité. Chrysostome y mêle l’exhortation à la conversion, la consolation, l’analyse politique et la catéchèse morale, avec une éloquence qui lui vaudra son surnom — « bouche d’or ».

Sa doctrine du jeûne y prend sa forme classique : le jeûne alimentaire ne vaut rien s’il ne s’étend pas aux sens. « Si tu vois un pauvre, aie pitié ; si tu vois un ennemi, réconcilie-toi ; si tu vois un ami comblé, ne l’envie pas. » C’est chez lui qu’apparaît le thème du jeûne de tous les sens, qui traversera toute la spiritualité chrétienne — et dont l’actualité, à l’âge des écrans, est évidente.

La ville fut épargnée. Chrysostome deviendra archevêque de Constantinople, où sa liberté de parole lui vaudra l’exil et la mort.

Repères#

Auteur
Saint Jean Chrysostome
Date
Carême 387
Genre
Homélies
Langue d’origine
grec
Siècle
IVᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, L’aumône et les pauvres, Conversion et pénitence