Pères de l’Église · Règle monastique
Règle, chapitre 49 — l’observance du Carême
Saint Benoît de Nursie — v. 540
Que chacun offre de son propre gré quelque chose à Dieu dans la joie du Saint-Esprit, et qu’il attende la sainte Pâque avec la joie du désir spirituel.
Règle de saint Benoît, 49Notice#
Vingt lignes, et l’un des plus beaux textes jamais écrits sur le Carême. Le chapitre 49 de la Règle bénédictine a formé des générations de moines et, par eux, une grande part de la spiritualité occidentale.
Il s’ouvre par une phrase qui renverse la perspective habituelle : « la vie du moine devrait être en tout temps une observance quadragésimale ; mais comme peu ont cette vertu, nous exhortons à garder du moins en ces jours de Carême une vie de toute pureté. » Le Carême n’est donc pas une exception dans la vie chrétienne : il en est le modèle, dont le reste de l’année est la version affaiblie.
Benoît énumère ensuite ce qu’on peut retrancher — nourriture, boisson, sommeil, bavardage, plaisanterie — et il ajoute deux clauses qui font toute la différence.
La première : l’offrande supplémentaire doit être volontaire, « de son propre gré », et faite « dans la joie du Saint-Esprit ».
La seconde, d’une sagesse redoutable : chacun doit soumettre son projet à l’abbé, car ce qui se fait sans permission « sera compté comme présomption et vaine gloire ». L’ascèse non accompagnée est suspecte : c’est le principe même de l’accompagnement spirituel.
Repères#
- Auteur
- Saint Benoît de Nursie
- Date
- v. 540
- Genre
- Règle monastique
- Langue d’origine
- latin
- Siècle
- VIᵉ siècle
- Thèmes
- Le jeûne, La prière, Conversion et pénitence
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