Pères de l’Église · Poème liturgique

Le Grand Canon pénitentiel

Saint André de Crète — v. 720

D’où commencerai-je à pleurer les actions de ma misérable vie ? Quel début donnerai-je, ô Christ, à cette lamentation ?

Grand Canon, ode I

Notice#

Environ deux cent cinquante strophes, composées au VIIIe siècle : c’est le monument littéraire du Grand Carême byzantin, et probablement le plus long poème pénitentiel de la littérature chrétienne.

Son principe est d’une simplicité redoutable : passer en revue toute l’Écriture, personnage par personnage, d’Adam jusqu’au Nouveau Testament, et à chaque fois se reconnaître dans le pécheur plutôt que dans le juste. « J’ai rivalisé avec Adam dans sa transgression » ; « j’ai imité Caïn » ; « je suis devenu l’Égyptienne ».

Le procédé produit un effet particulier : il empêche la lecture de l’Écriture de rester extérieure. Le Grand Canon est, en ce sens, l’exercice de lectio divina le plus radical qui soit.

Il est chanté par quarts les quatre premiers soirs du Grand Carême, puis en entier le jeudi de la cinquième semaine — un office de plusieurs heures, ponctué de centaines de prosternations et entrecoupé de la lecture de la vie de sainte Marie l’Égyptienne. C’est l’une des expériences liturgiques les plus intenses du christianisme.

Repères#

Auteur
Saint André de Crète
Date
v. 720
Genre
Poème liturgique
Langue d’origine
grec
Siècle
VIIIᵉ siècle
Thèmes
Conversion et pénitence, Lecture de l’Écriture, La prière