Homélies célèbres · Sermon

Sermon sur la mort — carême du Louvre

Jacques-Bénigne Bossuet — 22 mars 1662

Je ne vois plus que la mort quelque part que je jette les yeux ; ce que j’appelle vivre, c’est le commencement de ma mort.

D’après le Sermon sur la mort

Notice#

Prêché devant Louis XIV, âgé de vingt-quatre ans, au carême du Louvre de 1662 — l’un des grands moments de l’éloquence française. Bossuet a trente-quatre ans et n’est pas encore évêque.

Le sermon développe le thème classique du memento mori, mais avec une méthode singulière : il ne cherche pas à effrayer, il cherche à dessiller. Sa thèse est que la mort n’est pas au bout de la vie ; elle est en train de se produire, tous les jours, et notre distraction seule nous empêche de le voir.

La portée politique du texte est évidente pour tous ses auditeurs : prêcher la vanité des grandeurs devant un roi de vingt-quatre ans qui commence à bâtir Versailles est un acte, non une figure de style.

Sur le plan de la forme, ce sermon a durablement fixé la prosodie du français littéraire : périodes amples, rythme ternaire, chute brève. Il figure dans tous les manuels depuis trois siècles.

C’est, avec les Oraisons funèbres, l’endroit où l’on entend le mieux ce qu’était un carême prêché au XVIIe siècle. Trois siècles d’éloquence quadragésimale →

Repères#

Auteur
Jacques-Bénigne Bossuet
Date
22 mars 1662
Genre
Sermon
Langue d’origine
français
Siècle
XVIIᵉ siècle
Thèmes
Conversion et pénitence, Combat spirituel