Docteurs et saints · Question théologique

Somme théologique, IIᵃ-IIᵃᵉ, question 147 — le jeûne

Saint Thomas d’Aquin — v. 1271–1272

Le jeûne est ordonné à trois fins : réprimer les convoitises de la chair, élever l’esprit, et satisfaire pour les péchés.

D’après Somme théologique, II-II, q. 147, a. 1

Notice#

Thomas traite le jeûne non comme une dévotion mais comme un acte de la vertu de tempérance, dans le grand traité des vertus de la Somme. Cette localisation est déjà une thèse : le jeûne relève de l’équilibre, non de l’héroïsme.

La question 147 comporte huit articles, qui répondent aux objections classiques : le jeûne est-il un acte de vertu ? est-il obligatoire ? qui en est dispensé ? à quelle heure ? de quels aliments ?

Le passage le plus utile aujourd’hui est celui des trois fins : réprimer les convoitises, libérer l’esprit pour la contemplation, réparer. Thomas ajoute une condition décisive : si le jeûne empêche l’une de ces fins — s’il rend irritable, malade, ou incapable de travailler —, il cesse d’être vertueux. La mesure est individuelle.

Sur les dispenses, il est remarquablement large : enfants, vieillards, malades, travailleurs de force, voyageurs, pauvres, et « ceux à qui la charité impose de manger ». Sept siècles avant Paenitemini, la doctrine des dispenses est déjà en place.

Repères#

Auteur
Saint Thomas d’Aquin
Date
v. 1271–1272
Genre
Question théologique
Langue d’origine
latin
Siècle
XIIIᵉ siècle
Thèmes
Le jeûne, Discipline et droit, Conversion et pénitence