Docteurs et saints · Écrits autobiographiques
Histoire d’une âme — la petite voie
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus — 1895–1897
Je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle.
Manuscrit CNotice#
Docteur de l’Église depuis 1997, morte à vingt-quatre ans, Thérèse a opéré sur la doctrine de la pénitence un déplacement dont l’effet est encore en cours.
Sa « petite voie » ne consiste pas à faire de petites choses : elle consiste à renoncer à faire de grandes choses. Contre une spiritualité de l’ascension par les mérites, dominante au XIXe siècle, elle affirme que l’on monte par l’ascenseur, non par l’escalier — et que cet ascenseur est les bras de Dieu.
Pour le Carême, la conséquence est directe et libératrice. Thérèse pratiquait des mortifications minuscules et volontairement invisibles : ne pas se plaindre du froid, sourire à la sœur désagréable, ne pas se justifier. Elle refusait explicitement les macérations spectaculaires.
Elle a par ailleurs traversé, la dernière année de sa vie, une véritable nuit de la foi qu’elle a décrite sans l’adoucir : elle disait manger « à la table des pécheurs ». Ce témoignage, longtemps censuré par les premières éditions, en fait une compagne pour ceux qui ne croient plus rien sentir.
Repères#
- Auteur
- Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
- Date
- 1895–1897
- Genre
- Écrits autobiographiques
- Langue d’origine
- français
- Siècle
- XIXᵉ siècle
- Thèmes
- Conversion et pénitence, La prière, Miséricorde et pardon