Docteurs et saints · Traité mystique

La Nuit obscure

Saint Jean de la Croix — v. 1578–1585

Pour venir à ce que tu ne goûtes pas, tu dois passer par où tu ne goûtes pas.

Montée du Carmel, I, 13

Notice#

Le grand traité de la sécheresse. Jean de la Croix y décrit ce que traversent tous ceux qui prient régulièrement : le moment où la prière cesse de donner du goût, où Dieu semble absent, où l’on se croit revenu en arrière.

Sa thèse, contre-intuitive, est que cette nuit n’est pas un échec mais une purification : on est sevré des consolations pour être conduit à Dieu lui-même et non à ce qu’il procure. Il distingue soigneusement la nuit spirituelle de la tiédeur, de la dépression et du découragement, et donne trois signes pour ne pas les confondre.

Pour un Carême, ce texte a une utilité précise : il empêche de mesurer sa progression à ses impressions. Beaucoup abandonnent une résolution de prière parce qu’elle « ne donne rien » — ce qui, selon Jean, est souvent le signe qu’elle commence enfin à donner quelque chose.

Le poème qui ouvre l’ouvrage — « Par une nuit profonde, étant pleine d’angoisse » — compte parmi les sommets de la poésie espagnole.

Repères#

Auteur
Saint Jean de la Croix
Date
v. 1578–1585
Genre
Traité mystique
Langue d’origine
espagnol
Siècle
XVIᵉ siècle
Thèmes
La prière, Conversion et pénitence, Combat spirituel